Vitraux de l'église St-Gildard de Longuesse

Eglise de longuesse

CREDIT PHOTO  PIERRE WEILER ARCHITECTE
 

vitrail vitraux eglise longuesse St Gildart jean paul agosti 7 lancettes

Pour les sept vitraux du chœur je propose que l’ensemble fasse référence à l’épisode de la

« Transfiguration du Christ » (nouveau testament, fête du 6 août)

Évangile de Jésus-Christ selon Matthieu, (Mt 17,1-13)

« Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques, et Jean, son frère, et il les conduisit à l'écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voici, Moïse et Élie leur apparurent, s'entretenant avec lui. Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit.

Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le ! Lorsqu'ils entendirent cette voix, les disciples tombèrent sur leur face, et furent saisis d'une grande frayeur. Mais Jésus, s'approchant, les toucha, et dit : Levez-vous, n'ayez pas peur ! Ils levèrent les yeux, et ne virent que Jésus seul. Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : ne parlez à personne de cette vision, jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité des morts. Les disciples lui firent cette question : pourquoi donc les scribes disent-ils qu'Élie doit venir premièrement ? Il répondit : il est vrai qu'Élie doit venir, et rétablir toutes choses. Mais je vous dis qu'Élie est déjà venu, qu'ils ne l'ont pas reconnu, et qu'ils l'ont traité comme ils ont voulu. De même le Fils de l'homme souffrira de leur part. Les disciples comprirent alors qu'il leur parlait de Jean Baptiste. »

       Traduction d'après la Bible Louis Segond.

vitrail vitraux eglise longuesse jean paul agosti 00Ceci en rapport avec l’aspect cosmique du dispositif des sept vitraux en forme hélicoïdale et, leur « métamorphose » par inversion des contrastes autour du vitrail central. On comprendra le rapprochement symbolique avec la transformation du corps physique du Christ en corps mystique. Une progression des couleurs est proposée du nord au sud, des bleus nocturnes (froides) au jaunes et rouges solaires (chaudes).
Suivant la tradition, je donnerai donc les titres suivants aux vitraux du chœur, à partir de la gauche (Nord) vers le centre :

FV : Jean le Baptiste
FIII : Pierre
FI : Moïse

F0 : La transfiguration (vitrail central)

A partir du centre vers la droite (Sud) :

FII : Elie
FIV : Jacques
FVI : Le Saint Esprit
        (symboliquement le rouge est associé à l’Esprit)

(Les noms des prophètes et des apôtres relatés dans l’évangile sont ceux des personnages présents lors de cet évènement)

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Dans la suite, côté sud, FVIII, l’aspect solaire de ce vitrail nous conduit vers Jean l’évangéliste et à « la Lumière du Monde ».

La FX, est dédiée à Saint Blaise

D'après La Légende dorée, après que Blaise fut désigné comme évêque de Sébaste et pour échapper aux persécutions de Dioclétien, le saint gagna une caverne où il vécut en ermite. Assis à l'entrée d'une grotte, les oiseaux lui apportaient sa subsistance, et les animaux s'assemblaient autour de lui pour recevoir sa bénédiction ou pour être guéri lorsqu'ils étaient malades : on le voyait ainsi nourrir un renard, caresser la tête d'un lion ou d'une panthère1. Lors d'une partie de chasse, les soldats du gouverneur local tombèrent sur cette grotte, et virent la foule des animaux autour de Blaise, mais ils n'en purent capturer aucun. Aussi le gouverneur fit-il amener le saint sous bonne escorte.

En route, Blaise sauva un enfant mourant qui avait avalé une arête de poisson, et obtint d'un loup qu'il restituât un pourceau qu'il avait ravi à une pauvre veuve. Le gouverneur, ne pouvant obtenir de lui qu'il sacrifiât à ses dieux, le fit jeter en prison. Là, la veuve lui apporta du pain et la tête de son pourceau, ainsi qu'une chandelle : ceci explique l'utilisation de chandelles dans le culte du saint.

Par la suite, le gouverneur le fit torturer à l'aide de peignes de fer qui lacéraient ses chairs, puis ordonna qu'on le jette dans un étang. Mais alors Blaise fit un signe de croix, et la surface de l'étang devint pour lui solide. Le gouverneur le fit alors décapiter. Lors de sa mort, le saint demanda à Dieu que quiconque l'invoquerait pour un mal de gorge ou une autre maladie fût exaucé, et cela lui fut accordé.
   (Ref. Wikipedia)

Le symbolisme du caducée (le médecin) s’exprime par le graphisme général dans la lancette de droite et dans le bas du vitrail. Il est conjoint, par les couleurs, avec le vitrail d’origine (XVIème s.) de la lancette de gauche. En bas de celle-ci des emblèmes animaux en référence à la vie du Saint.

 Le graphisme de la FXII fait allusion aux « gargouilles » des cathédrales gothiques. Elles étaient les gardiennes des lieux ; leur monstruosité était supposée faire peur aux forces du mal voulant pénétrer l’édifice sacré.

Les graphismes des oculi FXIV et FXVI font référence aux « Rameaux ».
Épisode bien connu des évangiles, de la foule accueillant le Christ à Jérusalem. Les polychromies de ces deux petites fenêtres sont situées à l’ouest. Traditionnellement dans les églises, l’entrée et la sortie de la foule des profanes s’effectuent au narthex, dans un va et vient vers l’est (l’Être) et vers l’ouest (l’Œuvre).

Pour le dernier vitrail au nord, FVII, je propose de le dédier à la Vierge Marie. Dans la tradition chrétienne Marie est associée à la « Terre Mère ». Dans de nombreux édifices religieux de l’époque gothique la vierge est visible au nord (ex. à Chartres le culte de la vierge noire) et sa couleur dominante est le bleu. En symbolique, le bleu est une couleur nocturne, référence à la lune, à l’élément eau et à la féminité.

Jean Paul Aagosti   Novembre 2018

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 Note d’intention

Dans le document sur l’église et son histoire, il est mentionné dans le préambule que le visiteur est frappé par : « l’ampleur et la luminosité du chœur, assez peu fréquentes dans les églises rurales vexinoises ».

Dans ce même document suit, outre une description détaillée des éléments architecturaux, celle du mobilier et des œuvres d’art ornementant l’espace intérieur et concourant à l’esprit du lieu.

En entrant dans l’église, l’esthétique générale est fortement marquée par ces deux éléments que sont les tabernacles de la chapelle Saint Blaise au sud et celui du chœur, ce dernier étant surmonté d’une sculpture d’un Christ en majesté.

Cet ensemble central est de grande échelle. Sa structure en bois sombre contraste fortement avec le vide et la luminosité des sept fenêtres blanches. Cela produit un contre-jour défavorable par forte lumière.

Après réflexion, il m’apparaît évident de respecter un équilibre visuel et esthétique entre tous ces éléments par une création de vitraux respectant, encadrant et magnifiant le foisonnement ornemental de ce tabernacle et de ce Christ, sans en altérer la portée.

L’actuel déséquilibre du vide blanc des baies avec la richesse du mobilier devra être compensé par une création relativement légère en matière de motifs afin d’éviter une surabondance formelle de l’ensemble Fenêtres-Tabernacle.
Un contraste coloré et subtil devra contribuer à sa mise en valeur sans surcharge graphique, laquelle pourrait en atténuer l’effet global.

Ce parti-pris plastique excluant des formes anecdotiques et littéraires (lesquelles sont déjà présentes dans toutes les œuvres d’art de l’église).

Dans cette optique, je propose une suite de vitraux d’inspiration végétale en respectant un symbolisme chrétien traditionnel. Couleurs chaudes et solaires au sud, couleurs froides et nocturnes au nord. Les sept vitraux seront élaborés sous une forme globale en hélicoïde* à partir de la baie centrale N°0, avec des inversions croisées pour les graphismes, les contrastes et les couleurs pour les baies Nos 1 à 6.
Ceci pour faire écho symboliquement au Christ « Cosmique » (au sens Paulinien et Johannique) représenté par la statue centrale.

Il en sera de même pour les cinq vitraux suivants, à ceci près qu’une attention particulière sera portée au vitrail de Saint Blaise pour une bonne intégration et un équilibre harmonieux avec l’apport contemporain.


      Jean-Paul Agosti Août 2015

* Cette forme est invariante dans la nature et se déploie, à différentes échelles, de l’infiniment petit à l’infiniment grand.
   Elle est utilisée ici graphiquement pour sont symbolisme cosmique.

 

 

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